Qu'est-ce que c'est que le titre de cet article, devez-vous pensez ?
Prenez le temps de lire la suite.
5 minutes avec un petit café, confortablement assis vous allez vite comprendre.
Régulièrement, lorsque l’on discute entre auteurs, nous
constatons avoir été victimes au moins une fois des "vilaines
troupes" qui ne déclarent pas les droits d’auteurs à la SACD.
Ni même directement
à l’intéressé si celui-ci a pris le risque de ne pas protéger son texte.
Sous le prétexte (le besoin, l’envie ?) d’économiser
environ une centaine d’euros par représentation, les responsables de la troupe omettent
ce léger détail dans le tourbillon de l’organisation que nécessite la
préparation d’un spectacle.
C’est sûr, nous les auteurs, nous roulons sur l’or, avons
une villa au bord de mer et deux voitures de luxe dans un garage. C’est
d’ailleurs pour cela que l’on travaille systématiquement, en plus d’écrire des
pièces ou des articles, en faisant des
ateliers-théâtres ou carrément même un autre métier purement alimentaire mais qui payent les factures et remplit le frigo.
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| Wilfrid RENAUD membre du GSA (Gang des Auteurs Spoiliés) |
Plus sérieusement, en approfondissant le sujet lors de
rencontres sur le Net ou ailleurs, nous avons tout de même admis, nous le GSA (le Gang des Auteurs Spoliés) que 80 % des troupes jouent le jeu
avec la démarche légale qui est, rappelons-le, la suivante :
-
Demander l’autorisation à l’auteur
-
Faire une déclaration préalable à la SACD (la demande du document se fait auprès de
l’organisme) Celle-ci se charge ensuite de percevoir les 10 % des entrées,
9% si les troupes sont affiliés à la FNCTA (Fédération
Nationale des Cie de Théâtre Amateur)
Alors quelles sont les raisons qui poussent les 20% des
troupes amateurs à ne pas déclarer ? Coté malhonnête et roublard des
Français ?
Pour tous ceux que ce
cas concerne j'ai une réponse toute faîte : prenez exemple sur nos cousins Québécois qui payent
systématiquement et parfois même avant la représentation ça ne vous fera pas de mal et nous aurons une meilleure réputation, nous les Français.
Autres raisons évoquées :
- manque d’informations ? Sûrement. On ne peut pas dire que la législation en
vigueur soit visible par tous et pour tous sur ce point.
- budget limité pour certaines troupes naissantes. Là ce
n’est pas une raison valable, les droits d’auteur ne concernent qu’un
pourcentage sur la billetterie. La buvette est tout bénéfice. En même temps, si
vraiment votre budget est plus que limité, vous pouvez toujours contacter l’auteur. En ayant une démarche honnête, certains auteurs sont prêts à mettre « la main
à la patte ». Je m’explique ci-dessous.
CONTACTER L’AUTEUR
S’il y a bien un argument à développer c’est celui-ci.
Les
troupes auraient plus à gagner à contacter l’auteur et à jouer le jeu après représentations que l’inverse.
D’abord, si l’auteur
est malin (et a du temps disponible), il vous fera aussi votre propre publicité
via l’affiche et/ou les photos des spectacles et des répétitions. Car souvent,
nous avons notre propre réseau personnel (blog, site, contacts, réseaux sociaux) qui permet
d’attirer plus de monde à une représentation. Certaines troupes demandent même
un mot d’accompagnement sur la plaquette de présentation et l’auteur se fait en
général un plaisir de présenter et valoriser son travail.
Donc :
Plus d’entrées pour un spectacle = plus de bénéfices (billetterie
et buvette)= plus d’argent l’année d’après pour la troupe
Mais aussi :
Plus de bénéfices (billetterie) = plus de droits versés pour
l’auteur.
Bref chacun y trouve son compte. Sans parler d’auteurs
sympas qui se déplacent pour voir leur
pièce et font une bonne publicité et réputation à la troupe qui les a joués.
PAS DE THÉÂTRE SANS
TEXTE
Avec tout ceci et si certains (nes) sont encore sceptiques,
à moins que les troupes ne se spécialisent dans l’improvisation ou la pantomime,
il faut bien souligner qu’il n’y a pas de théâtre sans texte.
Texte écrit par des auteurs, qui passent parfois des heures,
des jours, des nuits sur une scène, un personnage difficile, une structure qui
ne convient pas, à faire tenir de manière cohérente, un texte qui donnera au
final une pièce de théâtre que les troupes (amateurs ou professionnelles)
auront envie de jouer.
Nous les auteurs, n’avons pas de salaire quand le texte est
terminé.
Pour percevoir une rémunération, longtemps après que le texte ait
été écrit, nous ne devons compter que sur l’honnêteté des troupes et l’efficacité
d’une SACD aux membres trop peu nombreux (Un
correspondant par département, les restrictions de personnel sont décidément
partout)
BIG BROTHER
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| Big Brother - 1984 de George ORWELL |
Si après cela, les « vilaines » troupes ne sont
toujours pas décidées à jouer le jeu, ricanent sous cape ou se gaussent de cet
article explicatif en forme de petit pamphlet, sachez une chose :
Nous,
les auteurs,
on
vous surveille.
Tel Big Brother dans le 1984 de George ORWELL, on surveille, flic
et traque les récalcitrants. Ouais, j’exagère un peu (quoique). C’est moche
comme démarche hein ? Mais fallait pas commencer « vilaines troupes».
Petit à petit, le ras-le-bol des uns et des autres à être
grugés de leurs droits, se manifeste par une chaîne des auteurs. La concurrence
entre auteurs n’existent quasiment pas et depuis quelques années « une
chaine des auteurs » se met en place. Nous nous avertissons les uns et
les autres lorsque le spectacle d’untel se joue dans notre région. Si des
troupes veulent continuer à jouer les « vilaines », ce n’est qu’un
juste retour des choses. Et croyez-le ou pas, « vilaines troupes » la
patience et la ténacité sont nos meilleures armes pour faire évoluer les mentalités.
Les troupes qui ont un manque d’informations n’ont
évidemment rien à se reprocher. Et notre "ras-le-bol" se manifeste par un coup de
fil poli dans le meilleur des cas ou une intervention du responsable SACD de la
région, s’il n’y a pas moyen de les joindre.
Je laisserais le (presque) mot de la fin à un acteur américain Matthew Broderick, acteur de cinéma et de théâtre :

"Je dois avouer une chose : le cinéma paye plus mais mon coeur appartient au théâtre"
Le nôtre aussi. Sachez le préservez en respectant nos droits.
Wilfrid RENAUD